Du génie chimique à l’automatisation : le parcours de Myriane Lacasse

PAR Farah Meraini

2026-10-12

Savais-tu qu'on peut passer du génie chimique à l'automatisation industrielle ? C'est le parcours de Myriane Lacasse, cheffe de discipline chez PCI Automatisation Industrielle, que les Ingénieuses de l'ÉTS ont accueillie le 25 septembre dernier pour une table ronde. L’article qui suit raconte ce qu'elle nous a appris, et ce que j'en retiens. 

Avant même que la présentation commence 

En attendant que la salle se remplisse, on en a profité pour lui poser quelques questions pour faire connaissance : « Êtes-vous chez PCI depuis longtemps ? », « Où avez-vous étudié ? » et la fameuse question : « Dans quel bac en génie avez-vous étudié ? » 

« Génie chimique », a répondu Myriane. 

Une réponse qui en a étonné plusieurs. Alors je lui ai demandé : « Comment êtes-vous passée du chimique à l'automatisation industrielle ? » Elle a souri et m'a répondu qu'il y avait eu des étapes entre les deux, que ça ne paraît pas toujours, mais qu'il y a une continuité. Et tout le reste de la rencontre nous en a dit beaucoup plus. 

Grandir avec l'entreprise 

Quand Myriane a commencé chez PCI, l'équipe comptait 15 personnes, et elle était la seule femme. Aujourd'hui, ils sont près de 100, et elle est cheffe de discipline. Elle a grandi avec l'entreprise, étape par étape, et c'est ce qui rend son parcours si inspirant : elle a vu PCI traverser de nombreux défis et a évolué au rythme des différents paliers de développement de l'organisation. 

Chez PCI, il est aussi possible d’évoluer dans sa carrière au sein de l’entreprise. Les nouveaux diplômés qui arrivent chez eux commencent comme juniors, et leur titre peut changer, jusqu’à celui de senior avec l'expérience et l'expertise. L'université n'est que le point de départ. « Le bac en génie, c'est apprendre à apprendre », nous dit Myriane.  

D’ailleurs, si l'entreprise grandit, c'est d'abord parce qu’elle mise autant sur les livrables que sur la relation avec ses clients. Ils le sentent, et ils reviennent encore et encore chez PCI. Un de leurs plus longs projets, toujours en cours, dure d’ailleurs depuis près de huit ans. 

Une place pour plusieurs génies 

Il y a une question qui est revenue plus d’une fois dans la salle, celle que plusieurs d'entre nous avaient en tête : mon génie à moi, a-t-il sa place chez PCI, ou est-ce seulement pour les ingénieurs en production automatisée ? Myriane a répondu clairement qu'il y a de la place pour presque tout le monde : mécanique, logiciel, et même GOL. Ils ont d’ailleurs accueilli récemment leur premier stagiaire en génie des opérations et de la logistique, pour travailler au niveau de la stratégie et de l'analyse de données. En termes de recrutement, pour les stagiaires et nouveaux diplômés, Myriane prend la peine de regarder chaque CV et de discuter avec chaque personne, ce qui l'intéresse, c'est l'attitude bien plus que l’expérience.  

Un domaine encore en pleine évolution 

Selon Myriane, qui a eu l'occasion de travailler à l'étranger, l'automatisation industrielle est un domaine encore en pleine évolution au Québec, qui a du chemin à faire par rapport à d'autres régions du monde. Cela s'explique en grande partie par le fait que le Québec compte énormément de PME, et qu'elles hésitent à investir gros, alors qu'ailleurs, on voit ça comme un gain à long terme plutôt que comme un risque. Pour la relève, ça veut dire un domaine où il y a de la place pour contribuer. 

Un milieu qui change petit à petit 

Je lui ai aussi posé des questions sur son expérience comme femme dans un milieu majoritairement masculin. Selon elle, le nombre de femmes en génie a augmenté, même chez PCI, mais on est encore loin de la parité. Elle nous conseille de ne pas avoir peur de nous affirmer et de parler de ses idées. Et chez PCI, le respect et l'inclusivité sont valorisés. Pour ce qui est des comportements déplacés ou des blagues « de l'ancienne école », sa position est claire : ce n'est pas acceptable et ce n'est pas toléré. L’entreprise cherche activement à recruter plus de femmes. 

Elle nous a aussi parlé d'équilibre de vie, une flexibilité qu'elle applique autant pour elle-même que pour toute son équipe : tant que le travail est livré, peu importe l'heure à laquelle on travaille, il n'y a aucun souci.  

« Ne sous-estimez pas les contacts » 

Le conseil qui m'est resté en tête, c'est celui du réseau. Myriane avoue l'avoir beaucoup sous-estimé au début de sa carrière. Aujourd'hui, elle sait à quel point il est important d'en avoir un, et de le garder. « Ne sous-estimez pas les contacts, on est des humains avant tout ! » Une prochaine opportunité peut venir d'un contact à qui tu as laissé bonne impression. 

Un parcours qui part du génie chimique pour arriver à l'automatisation industrielle n'a pas l'air linéaire vu de l'extérieur. Vu de l'intérieur ? Il y a une continuité. Et cette journée-là, on est tous ressortis avec une meilleure vision de ce qu’est l’automatisation industrielle, de PCI et de ses opportunités. 

 

Les Ingénieuses tiennent à remercier chaleureusement Myriane Lacasse pour avoir pris le temps d'échanger avec nous. Un grand merci également à PCI Automatisation Industrielle ainsi qu'à Sam Morin pour leur soutien continu envers notre mission.